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Le COSPAR

Le Collectif des Organisations Syndicales, Partis et Associations de la Réunion contre la vie chère

 
Sa première mouture

       
        Le Cospar, tel qu'il s'est montré le 5 mars 2009, s'est suicidé, oui, j'insiste, il s'est suicidé : dans les rangs des manifestants, on trouvait un grand nombre d'élus, comblés de mandats et un grand nombre de fonctionnaires surrémunérés dont certains portent aussi une casquette d'élu. Bref, une comédie grandiose qui eût permis à Balzac d'ajouter de jolis chapitres à sa comédie humaine! Comment ces gens-là peuvent-ils convaincre les démunis qu'ils vont défendre leurs intérêts? Ne les prennent-ils pas pour de simples moutons de Panurge?

        Dommage! le Cospar méritait mieux quand on sait que son combat contre la cherté de la vie à la Réunion est justifiée, comme le montre sa plate-forme revendicative.


        Le Cospar triomphe : le 5 mars 2009, deux belles manifestations, l'une à Saint-Denis, l'autre à saint-Pierre. Ses revendications sont justes : la vie est chère et difficile pour les Domiens aux faibles revenus, et ils sont nombreux à subir de plein fouet les effets de la crise économique. 

        Mais l'analyse du Cospar est très incomplète. La vie est chère 
        -  à cause des monopoles qui, mal contrôlés, engrangent à souhait,
        - à cause de l'octroi de mer, pactole qui revient aux collectivités locales - curieux oubli
        - mais aussi - autre curieux oubli - à cause de la surrémunération des fonctionnaires d'Etat!


        Pourquoi ce silence? Pourquoi surtout ce dernier oubli? 
Tout simple à comprendre : le Cospar, en principe apolitique - mais il n'y a que son grand chef pour le croire - est bel et bien phagocyté 
    - par les dirigeants du parti communiste, fonctionnaires pour la plupart
    - par la FSU tropicalisée, réunion de syndicats d'enseignants de gauche
    - et par les élus de gauche, qui ont des responsabilités locales ou nationales, presque tous fonctionnaires - je ne parle pas des élus municipaux de fin de liste, choisis seulement pour que l'on ait une petite mosaïque de la société, histoire, sans doute aussi, de faire diversion et de donner une petite place à la plèbe. 

        Tout logiquement, le Cospar est contraint de passer sous silence le problème de la surrémunération des fonctionnaires d'Etat: s'il se fût aventuré sur ce terrain glissant, les deux manifestations auraient été pitoyables. Retirons les fonctionnaires présents dans la rue ce jour-là, sans oublier ceux déversés à grands flots par le président de la Région, à la fois capitaliste et communiste, notre aimable et pontifiant Vergès, toujours fidèle à lui-même, il ne reste pas grand monde. A vrai dire, le Cospar, à vaincre sans péril comme il l'a fait, me semble avoir triomphé ... sans gloire! Il a sué sang et eau pour en arriver là. Bref, il a remporté tout bonnement une belle victoire à la Pyrrhus! Les revendications accordées par le préfet correspondent à peu de chose près à ce qui a été accordé en Guadeloupe. Reste à négocier les 200 euros d'augmentation pour les bas salaires sans mettre en péril les petites entreprises! Je plains à la fois les petits patrons qui seront obligés de mettre la clé sous la porte et leurs ouvriers, futurs chômeurs. Le patron boulanger, pour se tirer d'affaire, n'aura plus qu'à augmenter le prix de son pain! Et la cherté sera à nouveau au rendez-vous. Quant au Cospar, refuge de fonctionnaires de gauche, altruiste mais juste ce qu'il faut pour qu'on le croie tel, il n'a rien à craindre : son parapluie est déjà grand ouvert! 

        Venons-en au sujet qui fâche : la surrémunération des fonctionnaires. On a bien l'Observatoire des prix qui est supposé régler la question, organisme établi à la demande malicieuse de syndicats avec l'intention, chez eux, de renvoyer la solution aux célèbres calendes grecques. On rue, en effet, dans les brancards tant et si bien que cet Observatoire officiel est encore un autre "machin", comme dirait De Gaulle. On n'aboutit à rien. Si l'on s'en tient au simple calcul que fournit le simple bon sens, à l'observatoire du bon sens, on peut dire que les articles de première nécessité, qu'on peut chiffrer à 150 environ, doivent coûter 30% de plus qu'en Métropole. Alors faisons simple : réduisons l'indice de correction progressivement jusqu'à sa suppression. Réduisons-le comme on l'a fait à l'époque de Debré, très progressivement de façon à ne pas nuire à l'économie locale. La gauche avait alors applaudi, Vergès le premier. Fonctionnaire en activité, je n'ai pas senti une perte du pouvoir d'achat. Le commerce sait s'adapter aux circonstances. On me répliquera : en appauvrissant les fonctionnaires, on n'enrichit pas les pauvres. Faux : d'abord, on ne peut pas se sentir pauvre quand on a encore une majoration équivalente à celle dont bénéficient les fonctionnaires des collectivités locales; les prix ne peuvent que s'aligner sur la masse monétaire, et les plus démunis y trouveront plus facilement leur compte. 

        Enfin un peu moins d'inégalités, cela ne peut que réjouir Dame Démocratie, cela ne peut qu'atténuer bien des rancoeurs à l'égard des fonctionnaires surrémunérés. Alors, que le Cospar aille trouver Vergès et lui dise : "Pas de monument démesuré comme la - ; nous apportons la plus belle des pierres à cette Unité Réunionnaise : démocrates et altruistes, nous négocions nos privilèges".

Petites précisions. La surrémunération des fonctionnaires n'est pas la même selon que l'on est fonctionnaire d'Etat ou fonctionnaire des collectivités territoriales. Mais par ces temps de crise, dame Démocratie verrait d'un bon oeil que tout fonctionnaire fût traité au même diapason : rogner progressivement l'index de correction d'un autre âge. Qui peut donc oser soutenir le contraire? Qui peut avoir le front de manifester contre le coût de la vie quand on s'accroche à la forte surrémunération, l'une des causes de la cherté de la vie dans les DOM? Ayons un brin de bon sens! Mes détracteurs, qui ne m'ont pas compris, confondent allègrement les "agents" - de plus en plus nombreux - avec les "fonctionnaires"! Il n'est question que du sort des heureux fonctionnaires d'Etat. Et par souci d'objectivité, il faut dire que des agents, dans la fonction publique, sont même plus à plaindre que les smicards!





Le Cospar nouveau



        Le Collectif des Organisations Syndicales, Partis et Associations de la Réunion contre la vie chère, bref, le COSPAR mène un combat auquel tout le monde souscrit. Bravo!
        Mais voilà! pourquoi, dans la manifestation du 5 mars, a-t-on jugé bon de mettre en premières lignes des élus qui croulent sous leurs mandats et des fonctionnaires surrémunérés. L'altruisme du COSPAR se trouve rudement entaché. Pourquoi ne pas demander la discrétion à ces gens-là? Pourquoi ne pas demander une limitation des mandats, une réduction significative et progressive de la surrémunération, qui contribue, avec les monopoles et l'octroi de mer, à la cherté de la vie. A un agent de l'immobilier du Tampon, je lui ai dit ce que tout le monde clame sur tous les toits : "Les loyers sont trop élevés!" Et lui de me répondre, le plus logiquement du monde : "La demande est là, grâce aux fonctionnaires et aux militaires". C'est une belle évidence! D'une manière plus générale, on peut affirmer objectivement que ceux qui perçoivent - indirectement - la surrémunération, ce sont les propriétaires de l'immobilier, les gros commerçants, les directeurs d'agence de voyages et, par le biais de l'octroi de mer, les collectivités locales. Les grosses voitures se trouvent dans ce camp-là! Un dossier du Canard enchaîné a été consacré à la Réunion : l'Île aux bagnoles! Il serait bien inspiré d'en éditer un autre : Les Doms, îles aux fonctionnaires.

        Le Cospar devrait d'urgence ajouter quelques lignes à ses revendications. Son altruisme serait sans tache.

Petite conclusion :

        Le Cospar nouveau pourrait renaître de ses cendres, s'il osait affirmer haut et fort que le coût de la vie à la Réunion est lié:
- aux monopoles
- à l'octroi de mer (taxe variable qui revient ... aux collectivités locales, jusqu'à 30% des produits importés, la Région se taillant la part du lion).
- à la surrémunération des fonctionnaires d'Etat.
        Ce faisant, il redorerait son blason, pour l'instant bien terni. En ne s'attaquant qu'aux monopoles, il est pitoyablement glorieux. Glorieux, parce qu'il se croit tel; pitoyable, parce que les Réunionnais, non moutons de Panurge, le croient tel!

        Et pour se redonner une virginité, le Cospar doit :
- lutter contre les monopoles sans démesure
- demander la suppression de l'octroi de mer sur tous les articles de première nécessité et une diminution significative sur les autres articles.
- exiger la diminution progressive de l'indice de correction des fonctionnaires d'Etat, de façon que tous fonctionnaires soient traités de la même façon.
        Enfin le Cospar doit se débarrasser :
- de tous les élus qui cherchent à glaner quelques miettes de popularité auprès du bon peuple, tristement manipulé
- et de ses membres trop zélés, tels ceux de la trempe de Yvan le Terrible.

        Chaque membre du Cospar pourra alors faire sienne la devise :
Homo sum: humani nil a me alienum puto.

Meilleur Yvan au Cospar! Pardon! Meilleur vent au Cospar!




Dernière nouvelle d'un comique grinçant!
Sous l'impulsion du Cospar, une surface Leclerc, la toute nouvelle enseigne qui vient de s'implanter à la Réunion avec l'intention de faire baisser les prix, a été contrainte de fermer ses portes le dimanche 8 mars 2009. Blocus! A la tête de la horde, un membre éminent du Cospar! Cet énergumène, une sorte d'Yvan le Terrible, a justifié cette brillante initiative en disant que tôt ou tard l'enseigne Leclerc emboîterait le pas. Notre justicier manie le glaive avant la faute, par sécurité! Le Cospar sait s'entourer de grands hommes!
 
 

Un extrait dans le Journal de l'Île avec les réactions.
Le Cospar s'est suicidé
Le blog de Ratane-Dufour
Papy fait de la résistance
Yvan le Terrible

                                                                                                                        

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