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Le Cospar s'est suicidé

        Le Cospar, en voulant regrouper toutes les bonnes volontés du monde pour la lutte contre la vie chère - très juste combat - a placé dans sa grande barque la chèvre... et le chou, des gens modérés, pleins de bon sens, et des énergumènes qui ne rêvent que de troubles, avant tout pour faire trembler l'Etat! Il s'est suicidé! Du reste - cause de son suicide - il a été bel et bien phagocyté :
    - par la CGTR, qui ne peut s'en prendre à l'octroi de mer, pactole cher à son patron, Vergès;
    - par la FSU tropicalisée, réunion de syndicats d'enseignants de gauche, surrémunérés;
    - et par les élus de gauche, qui ont des responsabilités locales ou nationales, presque tous fonctionnaires, évidemment surrémunérés.

        Or la vie est est chère :
    - à cause des monopoles qui, mal contrôlés, engrangent à souhait,
    - à cause de l'octroi de mer, pactole qui revient aux collectivités locales, dont la Région - curieux oubli du Cospar! 
    - mais aussi - autre curieux oubli - à cause de la surrémunération des fonctionnaires!

        Le Cospar est donc mourant. Il peut renaître de ses cendres et le nouveau cru doit en toute indépendance 
affirmer haut et fort que le coût de la vie à la Réunion est lié :
    - aux monopoles
    - à l'octroi de mer 
    - à la surrémunération des fonctionnaires.

        Et pour se redonner une virginité tout immaculée, le nouveau Cospar doit logiquement :
    - lutter contre les monopoles sans démesure,
    - demander la suppression immédiate de l'octroi de mer sur tous les articles de première nécessité,
    - exiger la diminution progressive de la surrémunération des fonctionnaires (jusqu'à 30%, par exemple).

        Pour ce qui est de l'octroi de mer, on peut demander sa diminution progressive de façon à aboutir à sa suppression, ce qui sera en accord avec la législation européenne. Il faudra le faire tôt ou tard. On fera une heureuse économie de fonctionnaires chargés de glaner ce pactole et la même heureuse économie pour la distribuer. Les élus qui se sentiront spoliés peuvent compenser le manque à gagner en augmentant les impôts locaux et en demandant des aides supplémentaires à notre gouvernement. Par ailleurs, ils peuvent aussi songer davantage aux démunis en évitant de courir le monde avec le ban et l'arrière-ban, à Maurice, en Inde, en Métropole. Ils doivent savoir qu'à l'heure d'internet la visioconférence permet de réaliser de belles économies! Certains d'entre eux me donnent l'impression d'être de plaisants bonimenteurs!

        Et pour ce qui est de la surrémunération, on a bien l'Observatoire des prix qui est supposé régler la question, organisme établi à la demande malicieuse de syndicats avec l'intention, chez eux, de renvoyer la solution aux célèbres calendes grecques. On rue, en effet, dans les brancards tant et si bien que cet Observatoire officiel est encore un autre "machin", comme dirait De Gaulle. On n'aboutit à rien. Si l'on s'en tient au simple calcul que fournit le simple bon sens, à l'observatoire du bon sens, on peut dire que les articles de première nécessité, doivent coûter 30% de plus qu'en Métropole. Alors faisons simple : réduisons la surrémunération de façon à arriver à 30% par exemple. Réduisons-la comme on l'a fait à l'époque de Debré, très progressivement de façon à ne pas nuire à l'économie locale. La gauche avait alors applaudi, Vergès le premier. Tout s'est bien passé, sans Observatoire des prix! Fonctionnaire en activité, je n'ai pas senti une perte du pouvoir d'achat. Le commerce sait s'adapter aux circonstances. C'est un fait indéniable. On me répliquera : en appauvrissant les fonctionnaires, on n'enrichit pas les pauvres. C'est un peu faux : d'abord, on ne peut pas se sentir pauvre quand on a encore une majoration de 30%; ensuite les prix ne peuvent que s'aligner sur la masse monétaire, et les plus démunis y trouveront plus facilement leur compte. Enfin un peu moins d'inégalités, cela ne peut que réjouir Dame Démocratie, cela ne peut qu'atténuer bien des rancoeurs à l'égard des fonctionnaires surrémunérés. Voilà un programme qui ne peut que plaire à la FSU nationale, non tropicalisée, et aux députés socialistes et communistes, également non tropicalisés. Dans le cas contraire, j'y perds mon latin!
                                                                                                                                           Gérard Jeanneau (alias Fricagogo)
                                                                                                                                            La Possession, 11 mars 2009